CEDRA
Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs
BP 17 - 52101 SAINT DIZIER Cedex - FRANCE
Téléphone-répondeur-fax : (33) 03 25 04 91 41 / 06 66 959 777
cedra.org@orange.fr - www.burestop.org - www.villesurterre.com
Préambule
En France, et pour ceux qui s’y intéressaient, les déchets radioactifs ont longtemps été dénommés « de classe A ». Les populations concernées n’ont entendu parler que de ceux-là jusqu’à une époque récente, au point que pour ce public la dite classe A englobait tous les déchets du nucléaire.
Plus récemment, pouvoirs publics et industriels du nucléaire dévoilaient (pour leur trouver un « site d’accueil ») qu’existaient également des B et C.
Depuis, le chapeau du -mauvais- magicien s’est emballé et de nouveaux types sortent les uns derrière les autres, un peu à la manière des poupées russes dont l’une en cache toujours une autre… et encore une autre…
Et la classification par lettres a été abandonnée, peut-être pour éviter que le public ne s’affole en se rappelant que l’alphabet compte tout de même 26 lettres.
Qu’en est-il donc de ces déchets, multiples, de cette industrie présentée par les plus hauts représentants de l’Etat comme PROPRE
1 / Classification
Les déchets radioactifs sont caractérisés par :
- leur « activité » : très faible activité (TFA) – faible activité (FA) – moyenne activité (MA) – haute activité (HA)
Les notions de faible ou très activités sont en réalité abusives dans le sens où elles dépassent, et de très loin, les valeurs que l’on peut trouver à l’état naturel (dans les eaux par exemple)
- et par leur durée de radioactivité : vie courte (VC) – vie longue (VL), car la radioactivité décroît avec le temps.
La durée de radioactivité d’un déchet est définie par une notion de physique, dénommée « période radioactive ». Cette « période » est le temps qu’il faut à un radioélément pour perdre 50% de sa radioactivité. Il lui faudra encore 1 période pour perdre moitié de la radioactivité restante, etc. (1)
On considère généralement qu’il faut 10 périodes pour qu’un radioélément perde sa radioactivité.
Il a été décidé, de manière tout à fait arbitraire, que les déchets dits « à vie courte » (VC) seraient ceux de « période radioactive » de 31 ans maximum (donc 310 ans de toxicité radioactive !) et ceux « à vie longue » seraient tous ceux de « période » supérieure
Ce qui explique les dénominations : TFA – FAVC – MAVC – HAVC – FAVL – MAVL – HAVL
Ainsi :
- les déchets dits FAVC – MAVC – HAVC sont constitués de radioéléments qui auront perdu, officiellement (2), leur radioactivité en 310 ans maxi
- les déchets dits FAVL – MAVL – HAVL sont constitués de radioéléments qui auront perdu leur radioactivité en 310 ans au minimum, jusqu’à des millions ou milliard d’années en fonction des radioéléments en cause
A noter qu’à leur radioactivité les déchets peuvent cumuler des toxicités chimiques.
(1) le volume-masse sera en fait divisé par 1000. On sera donc loin de voir disparaître la radioactivité de déchets dont la masse de départ serait énorme
(2) officiellement car les sites poubelles de ces déchets (
2 / Origines
Différents secteurs génèrent des déchets radioactifs :
- industrie : vérification de soudures…
- pharmacie : stérilisation de médicaments
- alimentation : ionisation de produits alimentaires
- médecine : diagnostic et traitement de pathologies
- énergie : production électrique
- militaire : armement
S’il est affirmé, de-ci, de-là, que les déchets nucléaires émanent du secteur médical, c’est pour leur donner une origine « noble » et mieux cacher leur origine essentielle de l’ordre de 90% des volumes produits : le secteur électrique où, en France, près de 80% de la production est d’origine nucléaire (58 réacteurs). Les déchets radioactifs sont donc essentiellement générés par l’électricité nucléaire !
3 / Volumes
Dans ce domaine également, les volumes produits sont présentés de manière « minimisante » : une piscine olympique par exemple pour les déchets HAVL, ou encore une petite masse de
Là aussi, la réalité se veut plus crue. Imagine-t-on l’invraisemblable quantité de ces poisons toxiques si l’on multiplie ce « 1,2 kg » par 64 millions (d’habitants)… ? et ensuite par 30, le nombre d’années de production (pour l’instant).
4 / « Gestion » ?
Ces déchets étant produits dans d’innombrables sites (près d’un millier recensés par l’Andra), la politique adoptée consiste à les centralisés par catégories. Ainsi :
- les FMAVC ont été stockés à
- les TFA sont stockés à Morvilliers (Aube), en surface
- Bure (Meuse/Haute-Marne) est visé pour les HAVL, en enfouissement profond (
- Les FAVL sont programmés à être enfouis à relativement faible profondeur
Cependant, ces gestions (stockage en surface et enfouissement) peuvent-elles vraiment être considérées comme des « Solutions », comme s’en targuent pouvoirs publics, industriels du nucléaire et Andra ?
Peut-on vraiment croire :
- que les sites de surface tels que
- que les sites d’enfouissement seront sans problème pendant des milliers, des centaines de milliers d’années ? sachant que les sous-sols sont en perpétuels mouvements, comment espérer que les radioéléments enfouis ne pollueront pas les nappes phréatiques, puis de là ne contamineront pas de très vastes régions ?
Non, stockage en surface ou enfouissement ne peuvent être considérés comme des « solutions », tout juste permettent-ils de ne plus voir le problème, tandis que les risques, véritables épées de Damoclès, restent eux bien réels, et sur des temps invraisemblables.
La seule Solution à ce type de déchets serait la suppression de leur mortelle radioactivité.
5 / Enseignements
Chaque site de stockage existant mériterait à lui seul de longs développements tant chacun démontre qu’aucune gestion sérieuse n’est possible :
-
- Soulaines : LE cas d’école de ce qu’il faut appeler une poubelle nucléaire, avec un cumul de promesses (avant l’ouverture du site) trahies, de mensonges, de gestion déplorable, de rejets radioactifs, voire d’atteintes sanitaires des populations riveraines > http://www.dailymotion.com/Stopdechnuc/video/9543134
- Bure : alors que le sous-sol de ce site avait été décrit par son promoteur (Andra) comme un « coffre-fort géologique », des études scientifiques indépendantes démontrent à présent qu’il en est tout autre : le sous-sol regorge de millions de m3 d’eau, la couche supérieure est multi-faillée, la zone est soumise à le sismicité des Vosges-Alsace, etc > http://www.burestop.org
- Asse, en Allemagne : cette ancienne mine de sel a été utilisée dans les années 60 pour y enfouir des fûts de déchets radioactifs. Stable et sec depuis une éternité, le sous-sol devait le rester encore pour des milliers, des millions d’années. Or, quelques années plus tard, le gestionnaire constatait, impuissant, à l’arrivée d’eau. Aujourd’hui la contamination est réelle et le problème insoluble > http://www.24heures.ch/actu/monde/2008/09/05/poubelle-nucleaire-trouee-passoire
6 / Appendice
Les déchets dits « FAVL » devraient faire prochainement l’objet d’une fiche info spécifique.
Michel MARIE
Samedi 27 Décembre 2008
Version du 29 décembre 2008
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